Le blog de Jean-David Desforges

PAN : Nico Roymans clone le Portable Antiquities Scheme

3 Octobre 2016 , Rédigé par Jean-David Desforges Publié dans #Mes billets

PAYS-BAS - Au mois de février dernier, Nico Roymans, numismate néerlandais (Vrije Universiteit Amsterdam), a reçu la somme de 1.862.000 € de la part de l'organisation néerlandaise pour la recherche scientifique, afin de mettre sur pied un programme intégrant ses amis « détectoristes ».

Il s’agit de l’adaptation locale du Portable Antiquities Scheme anglo-gallois, dont les ravages sur le patrimoine et les pertes pour la connaissance ne sont plus à décrire, derrière sa vitrine méthodique et pseudo-scientifique. Le copier-coller néerlandais du PAS va précisément capter une information entre la découverte non scientifique d’un objet archéologique et les traitements qui l’attendent (bricolage pour garantir la patine, stockage dans des conditions diverses, manipulation, vente et ainsi de suite).

Dans ce parcours chaotique, avant de disparaître sur Ebay ou de sombrer dans une collection inconnue, l’objet devrait passer sous le regard de l’un des sept photographes du Portable Antiquities of Nederlands (PAN) judicieusement répartis sur l’ensemble des Pays-Bas. Dès qu’ils auront connaissance de découvertes plus ou moins valables, ils seront dépêchés au domicile du « détectoriste » pour faire des clichés bien cadrés. Ces photographies seront ensuite soumises à trois experts en charge de la détermination de l’objet. Cette collecte achevée, une fiche sera disponible sur une base de données consultable en ligne.

Cependant, Nico Roymans révèle à son insu une contradiction fondamentale du PAN. S’il le destine à servir « les scientifiques, les professionnels du patrimoine et l'aménagement du territoire », il ne comprendra pas de données géographiques précises. Pourquoi cette base de données alimentées par des particuliers usant de détecteurs de métaux à des fins archéologiques comporte-t-elle une pareille lacune ? Réponse :

The place of finds will NOT be available for the public, which is not the case in Flanders (MEDEA) where an approximative area of the find is public.

Cette précision dénote un total manque de confiance en la communauté des « détectoristes » de la part de Nico Roymans, qui l'admire, et pour laquelle il construit cependant un pont d’or. Le Portable Antiquities of Nederlands serait-il en fait une vaste opération de communication et de manipulation au service de son instigateur ?

Une autre question apparaît sur l’origine du projet. Dans l’ombre de Nico Roymans se trouve Stijn Heeren, chercheur postdoctoral de son département de l’Université Libre d’Amsterdam, et président de l’association SAMPL (Specialisten. Archeologisch Materiaal Platform). La SAMPL a pour objectif, entre autres, d’encourager la recherche d’objets archéologiques sans que, soulignons le, aucun mode opératoire ne soit précisé. Coïncidence, la SAMPL apparaît suite à l’attribution des fonds.

Source : http://www.ad.nl/binnenland/caesar-leidde-grootste-slachting-ooit-in-nederland~a5ffb18d/

Source : http://www.ad.nl/binnenland/caesar-leidde-grootste-slachting-ooit-in-nederland~a5ffb18d/

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :