Le blog de Jean-David Desforges

La cote des objets d’art chinois explose

3 Mars 2015 , Rédigé par Jean-David Desforges Publié dans #Lutte contre le trafic

FRANCE. Lu sur leparisien.fr

L'engouement des nouveaux millionnaires asiatiques pour les objets chinois anciens, notamment ceux des collections du Palais d’Été, ne cesse de croître. Pour répondre à la demande, une offre clandestine s'est mise en place. Où s’approvisionner lorsque le marché officiel est à sec ? Dans les collections publiques comme celle du château de Fontainebleau par exemple.

La cote des objets d’art chinois explose

Le grand public ne le sait pas, mais les objets d’art chinois anciens s’arrachent à prix d’or depuis cinq ans. Surtout ceux provenant de la cour impériale et du pillage du palais d’été par les troupes franco-anglaises en 1860. Un sceau en jade d’un empereur ou un vase en porcelaine datant du XVIIe ou du XVIIIe siècle peuvent ainsi être vendus plusieurs millions d’euros.

Le problème pour retrouver ces œuvres d’art, c’est qu’elles s’écoulent aussi sur un marché parallèle, confie un ancien responsable de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC) : « En Chine, où les millionnaires et les milliardaires se multiplient, on compte une douzaine de sociétés officielles, type Sotheby’s, qui vendent des objets d’art anciens. Mais il y a aussi des trafiquants et des receleurs. »

Au Musée chinois de Fontainebleau, on compte quelque 300 pièces de grande valeur, dont des émaux cloisonnés, des porcelaines, des objets en jade, des bijoux… Le cambriolage commis dimanche est-il le fait d’un réseau spécialisé dans la revente des objets d’arts chinois ? Certaines sources judiciaires n’écartent pas la commande d’un collectionneur fou ou d’antiquaires étrangers, comme ce fut le cas en 1995 lors du vol de plusieurs épées au musée Napoléon du château de Fontainebleau. « C’est un travail de longue haleine qui débute, confie un policier. L’enquête peut durer plusieurs années. »

Hier, les policiers de la police judiciaire de Versailles et ceux de l’OCBC étaient encore sur place pour tenter de retrouver des traces ADN ou une erreur commise par le commando qui permettrait de faire progresser l’enquête et de remettre la main sur les trésors du Musée chinois.

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