Le blog de Jean-David Desforges

Une porte du tabernacle du XVIIIe de l'abbatiale volée

15 Janvier 2015 , Rédigé par Jean-David Desforges Publié dans #Lutte contre le pillage

[FRANCE] Lu sur ladepeche.fr

Une porte d'un tabernacle situé dans l'abbatiale Saint-Pierre de Moissac a récemment été volée. L'objet datant du XVIIIe siècle qui faisait partie d'un retable situé dans l'une des chapelles de l'édifice roman a, en effet, été dégondé. «Le vol a vraisemblablement eu lieu à la fin de l'un des derniers offices de l'année (2014), le voleur ayant profité de la présence de la foule pour subtiliser la porte» assure une source proche du dossier. De petite taille, l'objet religieux aurait été ainsi aisément dissimulé sous le manteau de l'individu ayant dérobé la porte. «C'est un vrai vol d'opportunité, assure-t-on du côté des services du patrimoine de la ville. La porte a été délicatement soustraite du retable sans l'endommager.» Interrogés sur la valeur de cet objet, les agents du patrimoine étaient bien en peine de donner une estimation. «Plus que la valeur marchande de cette porte, ce qui est inquiétant, c'est que l'abbatiale parte en petits morceaux.» Un maraudage d'autant plus difficile à accepter pour la ville que le site fait l'objet depuis le spectaculaire vol de la vierge de Lemboularie (notre encadré), en 2008, d'un renforcement des systèmes de protection des lieux. Une alarme a été installée et les objets les plus précieux ont été placés comme la vierge, dans des cages en verre blindé. Le voleur de cette porte en bois doré, aurait donc profité d'une faille dans le système de protection et de surveillance…
L'objet volé a été photographié et répertorié dans la base de données de l'OCBC

Les gendarmes de la communauté de brigades (COB) de Moissac qui ont été avisés de ce larcin, ont réalisé les constatations d'usage alors que les fonctionnaires de l'office central de lutte contre le trafic de biens culturels (OCBC) qui luttent contre ces déprédations, ont tout mis en œuvre pour retrouver la trace de la porte du tabernacle. Cette dernière est désormais dans la base de données «TREIMA» (thésaurus de recherche électronique et d'imagerie en matière artistique) qui répertorie tous les biens culturels volés sur le territoire national. «Nous comptons maintenant sur le travail de l'OCBC pour retrouver la trace de cet objet» assurait-on du côté de la ville. Il faut dire que jusqu'ici tous les objets religieux volés dans l'abbatiale ont fini, tôt ou tard, par retrouver leur emplacement. «La vierge bien sûr, mais aussi les bras reliquaires retrouvés sur Montpellier où encore le grand tableau du XVIIe siècle dérobé à Sainte-Catherine réapparu chez un antiquaire de Soumoulou.»
La vierge de Lamboularie avait été volée en 2008

Volée trois fois et dont la dernière en date le 27 juillet 2008 après une effraction de l'abbatiale, la vierge de Lemboularie et ses angelots du XVIIe siècle, avaient été retrouvés in extremis un mois après à Castelmayran par les enquêteurs de la brigade de recherches de Castelsarrasin. Datant du XVe siècle, «La Piéta de Moissac» fait partie des objets les plus précieux de l'édifice roman, sa valeur marchande est estimée à plus de 150 000 euros.

Max Lagarrigue

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