Le blog de Jean-David Desforges

Littérature comparée : l'archéologie préventive nationale face à une firme britannique de détecteurs de métaux

24 Avril 2014 , Rédigé par Jean-David Desforges Publié dans #Mes billets

Au travers de cette mise en parallèle des textes présentés sur le site de l'Institut national d'archéologie préventive (INRAP) et un dépliant publicitaire de la firme C.scope, nous percevons aisément que le potentiel du sous-sol français est à l'origine de chacune des démarches... mais que les finalités sont autres. Missions officielles et scientifiques, avec une position économique importante, pour l'un, activités hors des cadres pour l'autre, sans affichage du texte intégral du Code du Patrimoine conformément à la loi et faisant la promotion d'un "loisir" de niche.

Dans un cas, il s'agit de connaître notre patrimoine, dans l'autre, d'exploiter et détruire ce même patrimoine pour le loisir et le profit.

Titres

INRAP : Aménager le territoire, préserver notre histoire

C.SCOPE : Ne cherchez plus... Trouvez grâce aux détecteurs de métaux C.SCOPE


Introductions

INRAP : En France, à chaque seconde qui passe, 20 m² de notre sol sont retournés par les lames des pelleteuses et des bulldozers – la surface d'un terrain de football toutes les 4 minutes. Au total, ce sont donc environ 70 000 hectares, ou 700 km², qui sont creusés chaque année afin de construire des routes, [etc.]
C.SCOPE : La France compte 547 000 km² de superficie où plusieurs millions de personnes ont vécu quotidiennement pendant plusieurs milliers d’années.

Développements

INRAP : Mais ce sol de France est habité depuis au moins un demi-million d'années. Vingt mille générations s'y sont succédé et, il faut l'espérer, au moins autant d'autres vont suivre la nôtre. Chacune de ces générations s'est ancrée dans la terre, a construit ses habitations, d'abord simples tentes ou cabanes puis, depuis 7 500 ans déjà, maisons de terre et de pierre, mais aussi grands monuments bâtis à chaque fois pour durer, depuis les premiers dolmens jusqu'aux cathédrales, et des arènes romaines aux châteaux forts. Chaque génération, depuis 100 000 ans, a creusé ses tombes et, depuis 7 500 ans, travaillé le sol, modelé le paysage, tracé des chemins. De cette très longue histoire, nous sommes les descendants provisoires, en droite ligne, même si les populations n'ont cessé de se mêler sur notre territoire, ultime cap de l'Eurasie et aboutissement de toutes les
migrations. Chaque parcelle du sol de France témoigne, d'une manière ou d'une autre, de cette histoire-là.
C.SCOPE : Lors des 4 000 dernières années elles ont fabriqué des objets en métal : monnaies, armes, bijoux, outils, en quantités massives. Où tout cela est-il allé ? Bien sûr, une petite partie est encore
utilisée, il y a une foule d’objets autour de nous qui ont quelques siècles...mais avant cela ? Certains ont été fondus pour être refaçonnés, certains sont perdus à tout jamais sous le béton de nos
cités, de nos routes, et d’autres ont déjà été trouvés.

Conclusions

INRAP : Et il y a donc, sous nos pieds, non pas des milliers ni même des centaines de milliers, mais – de la hutte préhistorique au palais romain, de la tombe gauloise aux blessures des guerres récentes – des millions de sites archéologiques. Ce sont tous ces sites qui, chaque jour, chaque minute, presque chaque seconde, disparaissent sous nos yeux.
C.SCOPE : Mais la grande majorité de ces tonnes de métal de monnaies et d'objets manufacturés est restée dans le sol, attendant d'être découverte par les prospecteurs d'aujourd'hui.

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