Le blog de Jean-David Desforges

La grande batterie des poêles à frire

7 Mai 2001 , Rédigé par Jean-David Desforges Publié dans #Les chasseurs de trésor français

[FRANCE] Lu sur ladepeche.fr

L'engin tient, par sa forme, de l'aspirateur, de la débroussailleuse, de la canne anglaise pour chevilles tordues et de la poêle à frire.

On a d'ailleurs donné ce nom vulgaire au détecteur de métaux. Vu de loin, c'est un engin tout simple: un disque prolongé par un manche. De plus près, il est heureusement plus sophistiqué et son utilisateur collecte les renseignements qui l'intéressent au plus haut point, à savoir: « Ya-t-il trace d'objets métalliques dans le sous-sol? Peut-on espérer faire une belle découverte, pièce de monnaie ancienne, véritable trésor? » Rien n'est moins sûr, mais c'est dans les possibilités de ces appareils, pourvu qu'on les promène au dessus du trésor enfoui à faible profondeur. Et alors, la bête se met à couiner de contentement, elle avertit son maître qui se met à genoux pour creuser comme un gentil toutou qui aurait découvert un gisement d'os!

Plus sérieusement, les quelque cent prospecteurs, venus hier à Marsolan, au « Pourqueron », pour participer au rassemblement organisé par l'Association française de prospection (AFP) se sont tout simplement livrés à un rallye qui leur permettait de cumuler des points en détectant l'emplacement de jetons métalliques de différentes valeurs; trois lingots dorés, en étain, constituaient la plus belle prise possible.
UN RASSEMBLEMENT NATIONAL

L'AFP organise de tels rassemblements tous les deux mois, dans tous les coins de France. Les plus fidèles suivent chaque manifestation mais ce rallye tournant permet aux adhérents de toutes les régions de profiter de sa proximité. Les régionaux étaient donc en force comme André, de Pau, présent à sa première manifestation et tout nouveau dans le métier: « Je suis à la retraite depuis quelques semaines et comme je me suis toujours intéressé à l'histoire, à l'archéologie, aux balades dans la campagne, je peux ajouter une autre corde à mon arc en faisant de la prospection. Je pense que c'est un bon outil de découverte. Enfin, je verrai bien à l'usage, j'ai tout mon temps. Et ces réunions, comme aujourd'hui, nous permettent de comparer nos expériences qui, pour ma part, est proche de zéro!» Ces sorties de chasse au trésor ont un parfum d'aventure qui intéressent particulièrement les enfants... et les parents qui les accompagnent. Les uns vivent les envies de leur jeunesse présente, les autres retrouvent une part de rêve de leur enfance.

Eric, de Tarbes, pratique ce passe-temps depuis cinq ans: « J'ai commencé à une vingtaine d'années et, depuis, j'ai découvert environ 200 pièces anciennes, de plus ou moins grande valeur. J'ai commencé à monter mon petit musée personnel sur l'époque romaine et gauloise et cette passion m'oblige à me documenter abondamment sur les lieux, l'histoire, également sur le matériel employé qui se perfectionne tous les ans ».

Les chercheurs de trésor qui voudraient embrasser cette carrière à plein temps ne devraient pas être gourmands sur les revenus de la profession, sauf extraordinaire coup de chance avec la découverte d'un fabuleux trésor. C'est arrivé, mais cette chance est à peu près aussi rare qu'au loto!

A. G.

Les limites du matériel

Ce rassemblement a servi également de salon pour le matériel de prospection. Les poêles à frire sont de fabrication américaine ou australienne - il n'y a pas de fabricant français connu - et, suivant les modèles, ont une possibilité de détection des métaux enfouis entre 35 cm à 70 cm, au grand maximum à un mètre, cela étant fonction de la puissance de l'appareil et de la nature du sol. Les prix varient suivant le degré de sophistication, de 1.500 F à plus de 15.000 F suivant la puissance, la possibilité de sélectionner les métaux que l'on veut rechercher. Il est difficile de comptabliser très exactement le nombre de prospecteurs puisque cette activité n'est pas soumise à une autorisation spéciale, encore moins à une licence; l'Association française des prospecteurs regroupe environ 2.000 adhérents en France mais il sont sans doute près de 500.000 à promener leur poêle à frire sur la surface du sol national. Pas d'autorisation ne veut pas dire faire n'importe quoi: « On doit demander aux propriétaires - particulier ou collectivité locale - l'autorisation de prospecter les terrains et cela est interdit sur tous les sites archéologiques »

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